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Le principe de précaution… pour la sexualité ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Père Denis Sonet   
Lundi, 30 Janvier 2012 16:24

S’il est un principe dont on nous rebat les oreilles, c’est bien le principe de précaution. Pas une semaine ou l’Administration ne nous sorte une circulaire pour protéger les pauvres citoyens que nous sommes des dangers qui nous guettent.
On peut se demander comment on a pu arriver à 70, 80, 90 ans, alors que, dans notre enfance, nous n’étions pas tellement regardants sur les règles d’hygiène ! Dans les camps scouts, on n’avait pas toujours des mains impeccables pour faire la cuisine au feu de bois. On buvait souvent à la même gourde et on n’en est pas mort…
Aujourd’hui, tout doit être aux normes de nos généreux technocrates : les ascenseurs comme les automobiles, qui doivent être régulièrement révisés. Demandez aux restaurateurs combien de mesures d’hygiène ils doivent prendre, combien de nourriture ils doivent jeter à la poubelle. Par précaution ! Le maire de chaque commune tremble à la pensée que survienne un incident qu’il n’a pas pu prévoir. Car ce sera immanquablement de sa faute (la fatalité n’existe plus), et il sera accusé d’avoir oublié le fameux principe de précaution…
Loin de moi l’idée que ce principe n’ait pas une raison d’être. Protéger des personnes est un devoir des responsables, même si parfois des exigences pointilleuses créent un carcan pénible. Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est la raison pour laquelle ce principe de précaution ne joue jamais pour la sexualité.

Et pourquoi pas pour la sexualité ?

Je pense à cette femme de 30 ans qui disait dernièrement à la télévision que depuis l’âge de 15 ans, elle absorbait des hormones contraceptives, alors qu’à la même émission les médecins reconnaissaient que les pilules récentes pouvaient être au départ de thromboses (« dans un très faible nombre de cas », s’empressaient-ils d’ajouter). Je ne comprends pas non plus pourquoi on est parvenu à banaliser l’IVG, alors que les psychologues constatent les dégâts qu’elle peut entrainer chez certaines femmes.
Et on continuera de donner aux jeunes filles la pilule du lendemain, qui comporte 15% d’échecs, sans faire baisser le nombre d’IVG chez les jeunes. Dans quelques temps, ce sera la pilule abortive du surlendemain, prise une seule fois mais plus dosée en hormones. Quand on fait du plaisir le but principal et unique de la sexualité, on en justifie très vite tous les risques.
Peut-on espérer que dans les années à venir, ce principe, bon en soi, soit brandi à bon escient : essentiellement pour des problèmes majeurs qui affectent avant tout le bonheur de l’épanouissement des personnes ?