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Fiancailles.org

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Je n'éprouve pas de plaisir PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bénédicte Lucereau   
Mercredi, 10 Février 2010 13:08

 

Oh !.. Tristesse d’entendre cela, car nous sommes créés pour le bonheur, et le plaisir participe de cette aptitude au bonheur, surtout entre époux. La joie de Dieu, c’est de nous voir heureux, de nous voir capables de goûter aux bienfaits qu’il a préparés pour nous et d’échanger la joie de les partager entre nous. Du « je me fais plaisir », la vie conjugale apprend à dire, « je recherche ton plaisir, quel est ton plaisir, comment te faire plaisir ? ».

À l’image de Jésus, qui n’a pas recherché « ce qui lui plaisait » (Rm 15-3), ce plaisir cherché pour lui-même, mais ce qui plaît au Père (Jn 8-29). Or, ce qui plaît au Père, c’est que l’homme vive, qu’il habite cette vie qui lui est donnée, qu’il habite ce corps qui est l’expression de sa personne, et le lieu du don de soi. C’est dans mon corps que je ressens du plaisir, ou que je n’en ressens pas (que je m’interdis d’en ressentir ?). « Où est-ce que je trouve mon plaisir ? Quels plaisirs est-ce que j’accueille en mon être, dans ma vie ? Sont-ils réellement humanisants ? Certains sont-ils hypertrophiés, au détriment d’autres, que je délaisse ? Quelle est la part de mon éducation face au plaisir ? »

Concrètement, le sacrement de mariage est fait d’une parole et d’un geste : « Je te reçois et je me donne à toi. » Cette parole échangée s’incarne dans l’union charnelle, qui scelle le mariage et le rend indissoluble. Le plaisir sexuel s’exprime dans l’union des corps et participe à la croissance de l’amour entre époux.

Mais si c’est bon, voire très bon, et voulu par Dieu, ce n’est pas un dû ! On ne peut exiger « avoir droit » au plaisir, ou obliger l’autre à ressentir du plaisir. Il y a des demandes tyranniques d’hommes qui sont déçus que leur femme n’éprouve pas d’orgasme, ou de femmes qui reprochent à leur mari d’être impuissants… Non ! Le plaisir, comme tout don de Dieu, se reçoit, il s’éduque, il demande à être verbalisé avec humilité et respect. Il est le couronnement d’un désir qui apprend à patienter pour se mettre au rythme de l’autre, d’un don qui va jusqu’à l’abandon, la démaîtrise, la vulnérabilité… Quoi de plus fugitif que le plaisir, de moins contrôlable ? Il dit quelque chose de la plénitude à laquelle nous sommes appelés dans l’Éternité, et, en même temps, de la finitude de nos expériences terrestres… N’idolâtrons pas le plaisir, comme le fait notre société, toujours à la recherche d’un plus, d’une extase, qui donnerait en eux-mêmes le sens de nos existences. Alors qu’ils nous mènent « hors d’elle »… On sait où cela mène ! À la dépendance au plaisir, au plaisir recherché pour lui-même, à la chosification de l’autre comme objet de mon plaisir, à la dépersonnalisation, et… à la mort !

Or, Dieu nous veut vivants : Il nous a rendus capables de choisir la vie, et d’être féconds, c’est-à-dire de donner la vie à notre tour : n’est-ce pas la plus grande source de plaisir et de bonheur ?
Bien sûr, il faut se faire aider : pourquoi n’ai-je pas de plaisir ? Est-ce dû à mon éducation puritaine, à des blessures d’enfance ou d’adolescence dans ma sexualité, à une mauvaise relation dans mon couple, à une difficulté à m’abandonner, à me donner, à une mauvaise image de moi-même et de mon corps, à la peur de la venue d’un nouvel enfant, à la pornographie ?
Tout cela peut jouer, mais, par-dessus tout, « qu’il y ait l’Amour » : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection, c’est lui qui nous guérit, et qui nous apprend à faire plaisir à l’autre… Pour la Gloire de Dieu !

 

Article écrit par Bénédicte Lucereau, du cabinet Mots Croisés (06 11 61 51 14), co-auteur de « Ces Amours qui n'avancent pas » avec Elisabeth Content et Valérie Matthieu, aux éditions de l’Emmanuel ; et paru dans le magazine Il est vivant ! de juin 2008, rubrique Atout famille, disponible aussi sur le site internet www.ilestvivant.com