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Fiancailles.org

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Vraies et fausses réconciliations PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Danièle Balmelle, conseillère conjugale à l'AFCCC   
Jeudi, 16 Septembre 2010 13:21
Seul un pardon mutuel entraine un nouvel équilibre. Les repères de Danièle Balmelle, conseillère conjugale de l’Association française des centres de consultation conjugale.

 

Par qui pouvons-nous être le plus meurtri et blessé si ce n’est par ceux que nous aimons ? Ainsi, l’amour, dans tous les couples, ne s’épanouit et ne dure que s’il est accompagné par la capacité réciproque de s’accepter et de se pardonner.

Car chacun peut décevoir, blesser son conjoint sans le vouloir, sans s’en apercevoir, en étant tout simplement lui-même. Cette révélation, dans la vie quotidienne, ne colle pas toujours avec l’image idéale que, dans l’élan amoureux, chacun s’était construite de l’autre. D’où la nécessité, pour tout couple, de sortir de son rêve pour se pardonner mutuellement de n’être pas exactement celui ou celle que l’autre espérait. Cartes, le passage du rêve au réel ne se fait pas sans déceptions, sans douleur. Il est souvent le résultat d’une confrontation  entre les conjoints à la suite de conflits, de blocages de communication, où chacun exprime enfin l’agressivité qu’a fait surgir en lui sa souffrance et/ou la culpabilité de ne pas se sentir à la hauteur de l’attente de son partenaire. Nous savons que, pour certaines personnalités, ce passage du rêve à l’idéal est particulièrement difficile. Nous savons que nous avons tous nos limites et que certains aspects de l’autre nous seront toujours intolérables, sans conciliation possible.

Aussi est-il évident que pardon et réconciliation ne peuvent pas être des attitudes unilatérales. Pour permettre de créer un nouvel équilibre relationnel, les efforts de chacun sont nécessaires.

 

Le mauvais pardon

Un travail sur soi-même, une réflexion sur le mode relationnel du couple prouve, révèle à quel point la vie conjugale et familiale nous rend profondément solidaire l’un de l’autre puisque les erreurs, les dérapages de l’un ne prennent leur réelle signification que par et dans le fonctionnement commun. C’est bien à l’opposé d’un premier regard où certains dysfonctionnements du couple paraissent dus au comportement inadéquat de l’un qui porte ainsi la responsabilité de l’échec, de la faute.

Dans une telle perspective, le pardon devient unilatéral, il consisterait à oublier l’offense. Passer par-dessus sa blessure, tirer un trait sur les motifs de reproche, passer l’éponge sont autant d’expressions populaires qui caractérisent cette attitude magnanime. Mais elle ne peut engendrer qu’un nouvel équilibre boiteux construit sur l’illusion du retour en arrière (tout va repartir comme avant) et sur un non-dit, un refoulement du mal-être antérieur (ne pas dire ce qui amènerait une remise en cause du système). Ne pas dire par culpabilité, par peur d’un conflit, par peur de n’être plus aimable nous rend coresponsables. Cette complicité du silence a les effets de la politique de l’autruche parce qu’elle compte sur une évolution spontanée de l’autre dans le sens espéré…

 

Le vrai pardon

Une véritable réconciliation suppose, au contraire, une prise de conscience pour chacun de l’interaction de leur comportement et une relative coresponsabilité. Elle ne peut donc résulter que d’un mouvement réciproque de pardon et elle a alors pour effet, avec la sérénité retrouvée où  culpabilité et ressentiment ont vraiment disparu, la mise en place d’un nouvel équilibre. Mais ce réajustement ne peut se faire que si, pour chacun, le désir de vie du couple l’emporte sur le laisser faire, voire le désir de mort. Ainsi rencontrons-nous parfois des couples irréconciliables, même s’ils ne sont pas séparés encore, parce que, pour l’un au moins, le désir de faire vivre le couple est mort.

Nous rencontrons aussi des couples séparés qui ont pu faire le constat que leur personnalité réciproque rendait irréconciliable leur vie commune, et qui ont pu se pardonner mutuellement cet échec et les souffrances qu’il avait entrainées.

« Si le grain ne meurt… », la vie s’arrête, la moisson n’aura pas lieu. Il en va de même pour notre vie relationnelle : le pardon est sur le versant du deuil, de l’acceptation d’une mort partielle à soi-même, du renoncement au rêve d’un égo tout puissant. La réconciliation est sur le versant de la vie, de la résurrection, d’une relation qui renaît autrement.