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Fiancailles.org

Ce site sur les fiançailles, monté par un prêtre de l'Église catholique, ainsi que par de jeunes célibataires, fiancés ou mariés, a pour but de fournir des réponses à vos questions sur les fiançailles, mais aussi sur le mariage, le célibat, le concubinage, l'amour, la sexualité,... tels qu'ils sont proposés par l'Église catholique "experte en humanité".

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Ici, c’est moi qui commande PDF Imprimer Envoyer
Écrit par père Denis Sonet   
Lundi, 08 Février 2010 11:47
« Ma femme et moi nous disputons beaucoup dès que nous devons prendre une décision. Elle me reproche de vouloir commander. »

 

Quand, dans une famille, on entend soudain la parole forte et appuyée d’un père affirmant bien haut : « Vous saurez qu’ici, c’est moi qui commande », c’est que probablement il a perdu le pouvoir qu’il croyait posséder. Voilà pourquoi il est judicieux pour un couple de se poser de temps en temps la question  qui a réellement le pouvoir dans notre famille.

Attention, à l’intérieur du couple ou de la famille, celui qui a ou qui prend le pouvoir n’est pas toujours celui qu’on pense. Il y a en effet le pouvoir officiel et le pouvoir officieux (le vrai).

Autrefois, au temps de nos gentilles grands-mères, l’homme avait le pouvoir officiel : il était le chef de famille attitré. Mais parfois le pouvoir officieux revenait à l’épouse qui, habilement et finement, arrivait à ses fins, tout en laissant à son mari l’honneur de croire que c’était lui qui décidait. Je ne suis pas loin de penser qu’aujourd’hui certaines femmes, en voulant prendre le pouvoir officiel, risquent bien de perdre l’officieux.

 

Lutte de pouvoir

Toute communauté, qu’elle soit conjugale, nationale ou internationale, exige une régulation de décision et donc l’existence d’un pouvoir. A l’échelon d’une nation, on voit clairement s’affronter les différents pouvoirs : pouvoir des gouvernants, des médias, des syndicats, des banques, de l’opinion publique, des groupes de pression, etc.

A l’échelon du couple également s’engage souvent, plus ou moins larvée, une lutte de pouvoir, parfois même un bras de fer entre deux personnalités qui entendent ne pas se laisser écraser. Les débuts de la vie conjugale sont fréquemment difficiles pour cette seule raison que chacun entend prendre ses marques, délimiter son territoire, et ne pas se laisser absorber par la personnalité de l’autre. Par la suite, certains conjoints  ont parfois un art subtil pour tenir l’autre sous leur coupe ou au contraire pour se laisser enchainer. Qui dira la force prodigieuse d’une épouse qui sait, au moment opportun, verser une larme culpabilisante ou faire un doux chantage à l’amour : « Si tu m’aimais, tu ferais ce que je te demande… » pour obtenir ce qui lui tient à cœur. Mais qui dira la force prodigieuse d’inertie de certains maris, fermés hermétiquement aux appels des leurs à plus de tendresse, à plus de responsabilité au sein de leur famille, à plus de spiritualité !

 

Laisser l’amour arbitrer les divergences

Comment dès lors dépasser ces luttes (sourdes) de pouvoir sinon d’abord en en prenant clairement conscience ? Par le dialogue, sans jugement, les conjoints peuvent essayer de repérer les différents domaines où l’un a le pouvoir, où l’autre se sent nié, ou même écrasé. Il est fréquent d’entendre dans un couple en pleine crise l’un des conjoints reprocher à l’autre, après des années de vie commune, de ne pas l’avoir laisser exister.

Ensuite, il importe que chacun renonce à la tentation de la fusion qui se ferait inévitablement au détriment de l’un des deux. Renoncer aussi à la tentation de la toute puissance, ce sentiment qui remonte de l’enfance et qui ne demande qu’à profiter des dispositions amoureuses de l’autre pour mieux le diriger. Au départ d’une vie de couple, un homme est capable de faire les mille caprices de sa belle, mais si elle abuse de son incroyable pouvoir, l’homme finit par se lasser. On ne commande à l’autre qu’en lui obéissant. « La force désarmée est la plus puissante du monde » disait Martin Luther King. Un proverbe égyptien prétend que ‘la femme est doublement attachée si la chaine est aimable », et un humoriste ajoutait : « surtout si les chainons sont de pierres précieuses ».

Renonçant à un machisme désuet comme à un féminisme d’avant-garde, le couple laissera l’amour arbitrer les divergences de point de vue. Chaque conjoint a le droit d’exprimer ses désirs, mais en évitant d’en faire – plus ou moins habilement mais pratiquement – des ordres. En laissant, sans chantage, à l’amour de l’autre le soin de trouver une solution de compromis. Il importe aussi que chaque membre d’une famille, donc les enfants également, possède des plages de liberté où il peut se refaire et s’épanouir, puis venir ensuite partager son expérience.

 

Une relation d’alliance

Il importe enfin d’imiter la façon de faire de Dieu dans sa relation avec les hommes. En effet, celui qui est pourtant le Tout-Puissant a établi avec les hommes une relation d’alliance, et non de dominant-dominé. Son Fils est venu sur Terre et, dans son incroyable incarnation, s’est placé de plain-pied avec les hommes : « Il ne crut pas bon de garder l’égalité qu’il avait avec Dieu, mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix » (Ph2, 6-8).

Puissions-nous, dans nos familles, imiter cette folle humilité divine pour être à l’écoute des besoins et des désirs des autres, pour répondre aux attentes de chacun ainsi qu’au bien commun de la famille.